Bomayé, soit plus dur mon fils!
Le niveau de jeu actuel et potentiel de Bomayé a fait débat sur basketsession dernièrement. A moi d’y porter ma contribution à travers mon blog pour essayer de voir en quoi le pivot français pourrait progresser pour devenir un véritable joueur dominant.
Ali Traoré, on le sait tous, est un brave garçon. Il a même grâce à son blog, sauvé le sport français de la langue de bois et du conformisme, véhiculés par cet immonde football.
Sa bonne humeur et son humour sont un véritable régal pour les internautes de basketsession comme pour le vestiaire de l’ASVEL. Il est déjà un très bon basketteur qui pourrait en devenir un très grand… tentons de voir comment.
Déjà très fort
Près de 15 points de moyenne (1er français, 14ème au général), près de 5 rebonds, en seulement 22 minutes. Ali, noircit plus souvent les feuilles de stats que les pages de son blog. Plus révélateur sur son impact statistique, il est le leader aux points et à l’évaluation par minute, ce qui en ferait le meilleur scoreur et la meilleure évaluation de l’hexagone si il jouait 10 minutes de plus, et comme le villeurbannais rate rarement la cuvette, il plante 65% de ses tentatives de shoot ! Bomayé est l’éclaircie dans la saison difficile de l’ASVEL où il a du compenser la perte du pivot Curtis Borchard. Il est d’ailleurs, tout naturellement, candidat a titre de MVP français de la saison. La lutte entre “The Fatal Blogger” et Dounia Issa, “The Tarentule from Vichy”, va valoir son pesant de cacahuètes.
Novice dans l’arène euroleaguienne, il a gardé son pantalon au sec quand il a fallu affronter les gladiateurs du continent. Il a mis la raclée a l’escouade des jeunes golgoths du jeu intérieur de Fenerbahce à l’aller (29 points, 13 rebonds, 34 d’éval). Il a joué yeux dans les yeux avec l’armada barcelonaise (19,5 pts, 6 rbs sur les deux matchs).
Pour sa première saison, il s’est ainsi classé comme le 10ème scoreur de la saison régulière de l’Euroleague et 13ème rebondeur. On aura aimé savoir s’il aurait pu continuer à aligner les perfs lors du Top16 mais malheureusement on connait la chanson de la gestion des fins de matchs des clubs français…
Impitoyable de régularité, il a inscrit au moins 10 points dans 22 de ses 25 matchs officiels (ProA, Euroleague, Coupe de France…), Ali est un véritable scoreur naturel, ce qui devient aussi rare que le thon rouge dans la méditerranée de la formation française.
S’il se montre adroit pour déployer ses 2m27 d’envergure pour planter des points, au niveau du rebond offensif par contre, on reste perplexe : moins d’un par match !
L’ASVEL qui comptait sur le double-double « made in ACB » de Borchard s’est retrouvé dans le méga-caca quand il a été déclaré out et, on ne peut pas dire que Campbell et Samnick aient brillé pour le remplacer dans le nettoyage du cercle…. Doit-on critiquer le soldat Traoré pour dédaigner le rebond offensif ? Oui et non, car disons le tout net, le père Ali n’a rien d’un dirty player qui est prêt à casser une machoire adverse pour prendre un rebond. Malheureusement on n’a pas tous de l’ADN de Dennis Rodman en nous…
Le « black Ostrowski »
La principale force du français est, on l’a souligné, sa capacité à marquer. On dirait dans le jargon du joueur intérieur qu’il a de bonnes mains : main gauche, main droite, jeu dos au panier, hooks, feintes, tir fiable au poste… Ali est l’intérieur français le plus complet offensivement vu en EDF depuis… 1996 ! L’année de la 204ème et dernière sélection du légendaire Stéphane Ostrowski.
Bomayé est comme la version 2.0 d’Ostro, le jeu de passe et la portée de tir en moins. Même surcapacités an attaque, même déficiences physiques et athlétiques, même tendance à privilégié le jeu en finesse plutôt que de défoncer les sternums adverses… il n’y a qu’au niveau de la coupe de cheveu qu’on remarque une petite différence mais c’est totalement anecdotique.
Pour durer et progresser, il devra sans doute, tel un Ostro ou un Luis Scola, apprendre l’art subtil des coups de pute en douce. Ce supplément de rugosité et de vice lui permettrait de muscler une défense toujours suspecte et s’affirmer dans la prise de position au rebond. Comme potentiel MVP Français, il doit également se réveler comme le leader de Villeurbanne. Les Foirest et Jeanneau ne sont pas éternels et Ali qui est maintenant un joueur d’expérience est le plus à même de reprendre le flambeau.
La pièce manquante à l’Equipe de France ?
Ali a fait de très bons débuts en équipe de France, malgré un temps de jeu limité il a été très rentable (6.8 points de moyenne en 12.6 minutes) et son excellent passage contre la Lettonie, prouve qu’il peut débloquer certaines situation où l’EDF a un besoin criant de points.
La France souffre depuis trop longtemps d’un manque d’intérieurs capable de marquer régulièrement plus de 10 points. Les artistes ont déserté les raquettes pour faire place aux joueurs de devoir, besogneux et défensifs. Les intérieurs à vocation offensive ne se sont jamais imposés chez les bleus: Fred Weis (censé être dominant des deux cotés du terrain après sa belle saison avec Limoges en 98/99), Fabien Dubos, Wilhem Laure, Jerome Moiso, Claude Marquis… autant de déceptions et de flops catastrophiques. L’EDF a du s’appuyer essentiellement sur sa puissance de feu extérieure, ce qui a entrainé de sacrés problèmes quand aucuns joueurs n’étaient foutu de rentrer un shoot à plus de trois mètres.

-"Tiens Ali, c'est vrai que tu serais super classe avec la coupe de G.I Joe d'Ostrowski!" - "Ce serait toujours mieux que ton look à la John Travolta, Tony!"
La superbe phase de qualification de Ronny Turiaf a laissé penser que la donne avait changé mais malgré des gros matchs contre la Russie et l’Allemagne, il n’a pas pesé sur toute la longueur du championnat d’Europe. Quand au cas Boris Diaw, il m’énerve tellement que je ne vais pas épiloguer dessus.
Le Mondial en Turquie laisse présager que Bomayé aura plus de responsabilités avec le forfait possible de Turiaf. Si Tony Parker sèche également la compétition, il y aura des tickets shoots à prendre…
Le villeurbannais, grâce à sa belle saison, doit prétendre à devenir autre chose qu’un joker offensif en équipe de France. En intégrant la dimension physique à son jeu, il pourrait devenir un pion essentiel de l’EDF. Le genre de gars dont on ne peut pas se passer lors des grandes compétitions… c’est tout ce qu’on lui souhaite.





